Épisode 7 – Harcèlement

hp harcèlement

À force de conditionnement, je commençais à me percevoir à travers le regard des autres et l’étiquette d’“intello” qu’ils m’avaient collée.

Enfermée dans cette image surimposée à ma personnalité, je vivais cette situation comme une forme de harcèlement d’une violence inouïe.

Heureusement, à l’époque, les réseaux sociaux n’existaient pas encore. Mon calvaire se limitait aux heures passées à l’école. Regards de biais, rires, moqueries, messes basses, rejet. Plus j’étais victime des préjugés, plus je me repliais sur ma seule source de réconfort, les cours. Et plus je m’accrochais à l’étude, plus je finissais par ressembler à cette “intello” conspuée par le groupe. Cercle vicieux…

J’en ai été littéralement malade, physiquement. Pendant deux ans, j’ai souffert de maux de ventre inexpliqués dès que je franchissais le seuil de l’école, un véritable “mal de classe”. J’alternais allers-retours à l’infirmerie, consultations et examens médicaux, traitements inefficaces.

Le ressentiment est encore vivace aujourd’hui, pas tant à l’égard des ados qui m’ont cataloguée sans faire l’effort de me connaître, que de certains enseignants qui ont attisé le feu et m’ont lâchement abandonnée. D’aucuns, par leur favoritisme éhonté, n’ont fait que stigmatiser un peu plus ma différence. D’autres, pires encore, ont recherché la popularité facile en se rangeant du côté des harceleurs. C’est ainsi que s’est manifestée, dans toute sa crudité, l’imperfection du monde adulte, beaucoup moins rassurant et responsable que je ne l’avais imaginé dans mon idéal adolescent.

Heureusement, dans cette situation qui paraissait inextricable, j’ai eu la chance de me lier d’amitié avec de nouveaux copains, qui semblaient eux aussi différents, curieux, passionnés et passionnants. Et, dans ce petit groupe atypique, j’ai finalement réussi à trouver ma place…

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2 commentaires

  1. Je me souviens de notre cours de latin à 5 ou 6, en rhéto. J’adorais le groupe que l’on formait. Je n’ai jamais vu que tu souffrais tant…je t’admirais tellement, surtout ta vitesse de traduction des versions latines….!!

    1. Coucou Christine, merci pour ton gentil mot ! Dans ces années, j’avais enfin trouvé ma place parmi notre petit groupe de latinistes chevronnés 😉 Mais j’avais hâte de quitter ce lieu et ses souvenirs plus amers.

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