L’instant présent en sophrologie dynamique

Sophrologie : l'instant présent

Une pause indispensable pour le zèbre

Une séance de sophrologie dynamique commence toujours par une “mise en disponibilité” : il s’agit de mettre entre parenthèse tout ce qui vient avant et après la séance pour se consacrer au seul instant présent. Une pause indispensable pour le zèbre, pris dans le flot continu de ses pensées

Carpe Diem, oui mais comment ?

Sophrologie dynamique : instant présentTous les magazines féminins et gurus du bien-être le proclament haut et fort : pour être plus heureux, il faut apprendre à vivre l’instant présent. L’idée n’est pas neuve, loin s’en faut : Horace n’exhortait-il pas déjà ses contemporains à “cueillir le jour” dans le désormais célèbre Carpe Diem ?

Oui, mais voilà… Si chacun(e) comprend l’importance de profiter pleinement du seul espace temporel qui soit à sa portée, le “comment” s’avère nettement plus compliqué, pour ne pas dire inaccessible. Car la pensée est ainsi faite qu’elle s’accroche inexorablement aux souvenirs et regrets, quand elle ne s’épuise pas à courir derrière un hypothétique avenir.

La pensée en arborescence des zèbres accroît encore le décalage permanent par rapport à l’instant présent. Incapable de saisir une idée sans en envisager mille autres simultanément, elle précipite les micro-moments en un tourbillon où se télescopent passé, présent et futur.

Comment, dans ces conditions, mettre en pause le flot des pensées et savourer l’instant présent ?

Mise en disponibilité : suspendre le temps

Sophrologie et instant présentAu début de la séance de sophrologie, la mise en disponibilité marque une rupture par rapport au temps ordinaire. Il s’agit, par un exercice physique simple (sautillements, exercice respiratoire, étirements, enracinement,…), de se rendre disponible, physiquement et mentalement, à la séance que l’on se donne à vivre.

Cette étape est un préalable pour se couper momentanément de la cacophonie des souvenirs, ruminations, projets et frustrations qui rythment la journée. Évidemment, l’exercice n’est pas toujours parfaitement maîtrisé : comme dans la pratique de la méditation, il arrive que des pensées parasites viennent troubler la pure expérience de l’ici et maintenant.

Mais l’ancrage physique de la pratique sophrologique, accentué par le mouvement, invite le mental à se reconnecter à la corporalité dans sa dimension la plus immédiate, à savoir la sensorialité, stimulée d’instant en instant. À l’instar des “postures” du yoga (āsana, littéralement “assise”), la mise en disponibilité “assoit” la conscience dans le corps.

Sensorialité et prise de conscience du présent

Sophrologie et sensorialitéLa sensorialité est souvent un point fort du zèbre : hyper-réceptif au monde qui l’entoure et à son monde intérieur, il perçoit finement les sensations internes/externes et développe même parfois des capacités synesthésiques.

La sophrologie propose la mise en valeur des sensations positives qui émergent au cours de la séance, l’occasion pour le zèbre de faire de sa sensibilité un atout et d’opérer un tri bénéfique dans la masse des informations sensorielles pour n’en retenir que le meilleur, à savourer dans le présent. L’hyper-réceptivité devient alors une ressource pour prendre conscience pleinement de l’ici et maintenant, unique et irréductible.

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L’exercice de mise en disponibilité peut être pratiqué avec l’enfant de façon ludique à un moment clé de la journée, comme le départ à l’école, par exemple. Mon fils éprouvait des difficultés à se mettre en route le matin et arrivait de mauvaise humeur à l’école après avoir été tiré de son sommeil, ce qui colorait de façon négative son expérience de la classe. À cette époque, nous avions la chance (de mon point de vue, du moins…) de pouvoir nous rendre à l’école à pied et de longer un petit bois sur notre route. J’ai pris l’habitude de ralentir à l’approche du bois et de lui poser des questions simples pour activer sa sensorialité dans le présent :

  • l’odorat : quelles étaient les odeurs qu’il percevait ? A quoi ces odeurs lui faisaient-elles penser ?
  • l’ouïe : avait-il, lui aussi, entendu un bruit ? À son avis, de quel animal s’agissait-il ? Quels animaux pouvaient habiter ce bois ? Les réponses étaient parfois surprenantes…
  • le toucher : sentait-il le craquement des feuilles mortes sous ses chaussures ? Y avait-il des gouttes de rosée sur les feuilles ? Était-ce froid ?
  • la vue : avait-il aperçu des champignons, des fleurs, un animal ?
  • le goût : je n’ai pas osé tester n’étant pas spécialiste en botanique… 😉

À travers ce petit rituel, il prenait une pause pour lui, une parenthèse dans sa journée, consacrée exclusivement aux sensations dans le présent, sans se projeter dans l’ « après » de la classe ni ruminer son réveil (trop) matinal. De mon côté, je devais moins batailler avec lui pour qu’il parcoure le reste du trajet, et nous partions, tous deux, plus sereins et positifs pour le reste de la journée.

En l’absence de petit bois, toute autre exploration sensorielle par le jeu peut être utilisée pour favoriser cette mise en disponibilité : une nouvelle saveur à découvrir, l’odeur et le soyeux des bulles de savon, la musique de la pluie,…

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2 commentaires

  1. Merci Sandra, pour ce partage d’expériences et cette aide à la compréhension de la zèbritude.
    Nous admirons beaucoup ton approche et ta démarche pour offrir un maximum de chances, de soutiens à tes enfants et ce en passant par toi même.
    Avant d’entreprendre mon analyse, j’ai souvent ramé,seule, en tant que mère munie seulement d’un tout petit bagage affectif et ignorante même du particularisme de mes enfants. Plus tard, grâce à mes études d’A.S. et suite à certaines rencontres humaines (dans tous les sens du terme) j’ai décidé de faire un travail sur moi-même afin de(mieux me connaître) et de vivre enfin pleinement. J’ai fait mon maximum pour mieux aimer et comprendre mes enfants. Les outils que tu utilises sont différents mais la volonté de mieux aimer, « élever » et aider tes zèbres est la même. Bonne continuation et encore merci.

    1. Bonjour A.Marie, merci pour ce retour très encourageant ! Peu importent les outils, effectivement, chacun parcourt la voie qui correspond le mieux à sa sensibilité et à ses affinités. L’essentiel est de cultiver la bienveillance, y compris envers soi-même. Bonne continuation dans ta voie !

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