Épisode 11 – Libérer la parole

Libérer la parole du haut potentiel

Si je parviens aujourd’hui à mieux vivre ma zébritude grâce à diverses approches comme les philosophies, la sophrologie ou l’aïkido, j’arborerai toujours une parure zébrée qu’il me faudra assumer. Et ce n’est pas facile tous les jours… 

Beaucoup de “coachs de vie”, guides spirituels, faux gurus et autres chantres du bonheur vous promettent un bien-être sans faille. Comme le chante Angèle, “le spleen n’est plus à la mode”, alors, soyons juste heureux !

Méfiez-vous des discours simplistes sur le bonheur, des recettes toutes faites pour l’apprivoiser et des auteurs à succès qui sourient de toutes leurs dents sur la couverture. Je vous mentirais en vous disant que, depuis que je pratique la sophrologie, la vie est un arc-en-ciel permanent, une pluie irisée de paillettes, une cascade de rires et de joie.

La sophrologie et les autres méthodes décrites font plutôt partie de mon entraînement personnel : comme tout effort ou discipline, elles portent leur fruit, lentement mais sûrement. Elles développent avant tout la connaissance de soi et favorisent l’ajustement de la conscience aux événements internes ou externes pour viser une forme d’harmonie. Quand je traverse des périodes plus difficiles, elles me permettent de détecter rapidement l’origine de mon mal-être et de réagir en conséquence.

Toutefois, il m’arrive encore souvent de me poser la question douloureuse du sens. En 2017, cette question s’est d’ailleurs posée de façon un peu plus aiguë. Mon corps me disait que j’étais fatiguée, ma tête me répétait de prendre de la distance par rapport à mon travail, fort accaparant. Je les ai heureusement écoutés. J’ai pris quelques jours pour moi et ai décidé de consulter une psychologue. Je sentais que j’avais besoin d’exprimer, à voix haute et devant une personne neutre, toutes les bizarreries de mon parcours, depuis les lettres et la recherche scientifique jusqu’au marketing digital, sans omettre les accrocs et les blessures liés à cet étrange cheminement.

Sans qu’il soit nécessaire de le mentionner, Madame H. perçoit immédiatement mon mode de fonctionnement “surefficient”, comme elle l’appelle. Au fil de nos entretiens, nous mettons le doigt sur tout ce qui me permettrait d’alléger mon quotidien, de me délester un peu de la fameuse “charge mentale” dont parlent tous les magazines, et de me concentrer sur l’essentiel : le sens.

En appliquant ses conseils, progressivement, je constate une nette amélioration. Mon esprit, comme régénéré, voit plus clair : les zébrures que j’avais plus ou moins considérées jusque là comme un détail de mon histoire deviennent plus évidentes, plus éclatantes, et des liens de sens s’opèrent. Il n’y a pas de hasard dans mon récit: tout doit aboutir à l’ici et maintenant. Il ne s’agit pas non plus d’un déterminisme absolu : ma liberté se joue dans les choix que je pose, mais ils traduisent inévitablement qui je suis, depuis le début.

À mesure que les pièces du puzzle s’assemblent, un projet se dessine: écrire… Écrire pour exprimer et soigner les bobos de l’existence, écrire pour partager mon vécu, et peut-être aussi, écrire pour aider tous ceux qui vivent les mêmes questionnements, les mêmes difficultés.

Merci à Madame H. de m’avoir encouragée dans ce projet : sans elle, ce blog n’aurait sans doute jamais vu le jour… Merci à vous, chers zèbres : grâce à vous, j’ai pu libérer ma parole, et depuis, beaucoup d’autres ont libéré la leur pour se confier à moi et commencer à assumer enfin avec fierté l’éclat de leurs zébrures. Merci à vous, amis des zèbres : car, au fond, zèbre ou non zèbre, peu importent nos couleurs. Réjouissons-nous d’être nous, chacun différent et unique !

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