Épisode 1 – Naissance zébrée

Ce récit commence avec mon “adorable ado”. Pour préserver son intimité et sa discrétion, je l’appellerai uniquement par son troisième prénom, Claudius. Drôle de nom pour un drôle de zèbre…

Surdoué, surefficient, haut potentiel, enfant précoce… Ce jargon psy m’a toujours semblé pompeux et peu adapté pour désigner l’infinie richesse, déroutante et parfois douloureuse, de la pensée divergente. Quand Jeanne Siaud-Facchin réinvente le concept de zèbre, elle invite à poser un autre regard sur cet être que l’on dit “à part”, “hors norme” : bien que ses rayures le distinguent des animaux de son espèce, elles représentent également une magnifique particularité, une originalité qu’il peut apprivoiser sereinement et assumer avec fierté.

Claudius est notre premier enfant, nous l’avons chéri dès l’instant où il parut dans nos pensées et notre coeur. Tandis que nous attendions sa naissance, je rédigeais les dernières lignes de ma thèse doctorale, la traduction d’un texte sanskrit inédit, traitant du développement de l’embryon dans le sein maternel. Son papa se dévouait quant à lui à la linguistique des langues indo-européennes par l’étude du verbe louvite. Un enfant prédestiné à devenir surdoué ? Nous étions à mille lieues d’envisager une telle issue…

Ce soir d’octobre 2004 est frais mais lumineux. Le ciel bleu profond se pare de zébrures orangées. Claudius naît : je le serre pour la première fois dans mes bras, émue aux larmes. Je m’étais attendue à la surprise de la rencontre, à cet instant de découverte où l’être que l’on a imaginé et rêvé, montre un visage à la fois familier et inconnu. En revanche, jamais je n’aurais cru être à ce point bouleversée par ces grands yeux scrutateurs, avides d’embrasser l’univers d’un seul regard.

–> Découvrir la suite : épisode 2 de la saison 1 !

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2 commentaires

  1. Quelle belle histoire! Envie de lire la suite, c’est évident.
    Très beau cadeau pour Claudius de la part de sa maman. On souhaite tous avoir
    une si chouette relation avec sa mère.

    Je connaissais la zébrologie et je dois dire que je vis entourée de quelques beaux spécimens.

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